Le nom de CHAFFOTEAUX récemment évoqué ici et sur le blog du 147è RI m'a rappelé une marque d'appareils de chauffage dont les chauffe-eau. Le nom était alors associé à MAURY. Le chauffe-eau de l'appartement de mes parents était de cette marque.

Tout cela avec une interrogation : s'agirait-il d'un des membres de la famille CHAFFOTEAUX, fabricant de chaudières, chauffe-eau et autres appareils thermiques ?

Et si...

Et si, pure coïncidence, l'auteur de la carte précédemment publiée était l'un des membres de cette famille ?

Difficile d'en être certain, mais quelques indices vont toutefois dans ce sens.

Les établissements CHAFFOTEAUX furent créés par deux frères de cette famille. La plupart des sites consultés dans leur partie historique n'indiquent pas les prénoms de ces frères. Ils évoquent cependant une origine ardennaise de la famille en indiquant qu'elle avait fui devant l'avance allemande pour s'établir en Bretagne, à Saint-Brieuc.

Je suis en présence de plusieurs frères CHAFFOTEAUX effectivement originaires des Ardennes, mais pour l'instant pas de lien avec la Bretagne.

La profession portée sur les fiches matricules nous apportera peut-être plus d'éléments. Les renseignements indiqués par l'auteur de la carte m'ont déjà permis d'identifier son frère :

Nous connaissons donc X (peut-être H) expéditeur de la carte qui évoque son deuil à la suite de la perte de son frère. Après recherches, il apparaît que celui-ci se nommait Eugène. L'auteur précise par ailleurs qu'il s'agit de son plus jeune frère. L'auteur pourrait être l'aîné de la fratrie CHAFFOTEAUX.

Une visite du site des archives des Ardennes devrait permettre d'en savoir un peu plus sur cette famille.

Les fiches matricules tout d'abord.

Comme Eugène, le frère décédé, était né en 1893, remontons à partir de la classe 1913. Je découvre un Adrien de la classe 1911, un Émile Edouard de la classe 1903 et un Ernest Henri de la classe 1901.

Tous ont les mêmes parents : Henri Eugène CHAFFOTEAUX et  Marie Laure CHAFFOTEAUX.

Émile Edouard exerçait la profession de clerc de notaire, puis d'industriel d'après sa fiche matricule. Toujours d'après ce document, il fut rappelé au 147è (réserviste, probablement le 347è) lors de la mobilisation. Une mention importante : un détachement dans diverses entreprises métallurgiques à partir de 1915, puis une mutation chez... CHAFFOTEAUX à Saint-Brieuc en juin 1918. Son parcours sera prochainement évoqué sur ce blog.

Qu'en est-il pour Ernest Henri ?

Lui était né en 1881 à Revin (08). Dispensé en 1901 comme soutien de famille, il est incorporé au 1er Zouaves en 1902. 1ère classe en 1903, il accomplit deux périodes d'exercice en 1908 et 1910 au 91è RI.

Rappelé le 2 août 1914, réserviste de l'armée d'active, il est incorporé au 347è RI. Nommé Caporal en novembre 1914 (cela correspond avec la date de rédaction de la carte de correspondance), il est Sergent au mois de mai 1915. Comme son frère Émile, il est détaché auprès de diverses entreprises métallurgiques, puis muté lui aussi aux établissements CHAFFOTEAUX à Saint Brieuc.

Sa fiche matricule indique qu'il a reçu le diplôme des anciens combattants le 21 avril 1931.

Pour compléter, une visite de la base Léonore m'apprend qu'Henri (Ernest Henri) reçut la Légion d'honneur, mais que son dossier n'est pas consultable.

Qu'à cela ne tienne, remontons à la source : le Journal officiel. Celui du 14 août 1935 indique qu'Henri fut fait Chevalier de la Légion d'honneur après 36 ans de pratique industrielle et de services militaires.

legion_1

Reprenons la carte adressée en décembre 1914 : seule une intiale apparaît dans l'adresse de l'expéditeur et dans la signature. Cette initiale ressemble beaucoup à un H miniscule.

H_chaffoteaux

S'agirait-il d'Ernest Henri qui se faisait appeler Henri ? Est-ce l'un des membres fondateurs de la société CHAFFOTEAUX avec son frère Émile ?

Les établissements CHAFFOTEAUX participèrent à l'effort de guerre en fabriquant des obus.