Et s'il était possible d'en savoir plus sur Léon HÉNON ?

Quelques indices :

  • le patronyme semble être fréquent dans les Ardennes,
  • les hommes du 347è RI étaient souvent originaires de ce département,
  • réservistes en majorité,
  • cet homme a été décoré,
  • il était télégraphiste,
  • et il semble avoir été blessé à la main gauche.

Une visite sur le site des archives des Ardennes s'impose.

Consultons-les tables alphabétiques de recrutement militaire entre 1900 et 1916 par exemple.

1900 - 1901 - 1902 - 1903 - 1904 - 1905 - 1906 - 1907 - 1908 - 1909 - 1910 : plusieurs HÉNON, dont quelques-uns portant le prénom Léon en deuxième ou troisième position.

Aucun d'entre eux ne correspond.

Classe 1911 : trois Léon HÉNON !

Notre homme serait-il parmi eux ?...

Voyons la première fiche : matricule 1304.

Bingo ! il semble bien qu'il s'agisse de ce Léon HÉNON : 147è et 148è en marge droite, quelques mentions médicales au milieu indiquant que deux phalanges sont manquantes à l'auriculaire gauche...

Examinons en détail de document.

Celui-ci nous apprend que Léon était né à Charleville en 1891. Il travaillait aux chemins de fer comme homme d'équipe, puis comme chauffeur de chaudière.

Incorporé au 147è en octobre 1912, il oublia de revenir un matin de mars 1913. Il fut déclaré déserteur un mois plus tard.

Le 4 août 1914, il se présenta volontairement au dépôt à Sedan, fut radié de la liste des déserteurs et incorporé au 347è RI.

Blessé le 8 juin 1916 à Douaumont par éclat d'obus qui lui arracha l'auriculaire gauche.

Il fut cité à l'ordre de la 103è brigade le 18 juin 1916 :

A plusieurs reprises est allé au cours de violents tirs de barrage ennemis réparer les lignes téléphoniques entre le PC des premières lignes et le PC du Colonel.

A été blessé à la main gauche (deux doigts coupés) au cours de la défense de la redoute de Douaumont.

Croix de guerre avec étoile de bronze.

Cx guerre 1418

Le mention des lignes téléphoniques correspond avec la présence de l'insigne de télégraphiste sur la manche gauche de Léon.

Lors de la dissolution du 347è RI le 22 juin 1916, il fut incorporé au 348è RI jusqu'au 25 janvier 1917.

Ensuite, il fut affecté spécial aux chemins de fer de l'Est jsuqu'au 31 juillet 1918.

Une bêtise provoqua sa révocation : un vol en gare. Il fut renvoyé à l'arrière au 148è RI jusqu'à sa démobilisation en 1919.

Il reçut le diplôme d'ancien combattant en 1928 et bénéficia d'une pension d'invalidité.

La photo le représentant, pourrait être datée entre juin 1916, réception de la Croix de guerre, et août 1916 date de rédaction de la carte. Plus probablement de juin-juillet 1916, en raison de la présence du nombre 347 au col.

Léon est donc, à cette époque, âgé de 25 ans.