Un second extrait du carnet d'Auguste ROUX décrivant le bombardement du 16 décembre 1914 :

[...] 8H ½ du matin soudain un coup sourd d’abord vient de se faire entendre bien loin en avant de nous et en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire un sifflement sinistre déchire l’air au-dessus de nos têtes, instinctivement on baisse la tête et à 50m à notre gauche la fameuse marmite vient d’éclater sur les derniers vestiges d’une usine [probablement celle du Linguet].

Tout s’écroule dans un fracas épouvantable.

Alors pendant 1H1/2, sans arrêt, nous sommes balayés par la mitraille, moment terrible, angoissant, notre respiration devient haletante, à plat ventre le nez dans la terre nous attendons que la pluie de fer s’apaise, c’est tout ce que nous pouvons faire car que pourrions-nous contre ces fameux obus de 120 ?

Nous sommes là impuissants mais voici que tout d’un coup derrière nous, nos batteries commencent à tonner sans relâche et de ce fait réduisant les batteries ennemies au silence.

Alors seulement sortant de nos trous, la figure pâle je m’installe à mon poste de commandement et alors je contemple les effets du tir de notre artillerie.

L’air s’emplit de mugissements sinistres et dans ce vacarme on distingue cependant la différence de nos 155 tirant sur les forts et nos petits 75 pulvérisant les tranchées.

J’avais pourtant entendu parler de ses méfaits mais lorsqu’on voit par soi-même on est terrifié. Et pourtant on a le sourire en voyant cela. [...]

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