Nouvel extrait du carnet de Maurice DE BRUYN

Le 30 août 1914

Nous repartons vers 4 h sur Écordal et vers 4 1/2 les Allemands nous attaquent. Nous sommes compagnie d'arrière garde. On nous fait placer en tirailleurs par sections, en attendant des renforts. Tout d'abord les obus allemands pleuvent sans cesse. Plusieurs sont atteints même. Ensuite la fusillade, a environ 400 mètres d'abord, 200 ensuite.

Rien à manger, que quelques pommes [...] un soleil ardent, et rien à boire et cela jusque vers 4 heures du soir. Et à ce moment certaines compagnies montent même à l'assaut.

Notre Cie se retire. A Attigny on fait l'appel de notre Cie : sommes seulement 56. Le capitaine est désolé ; mais il en reviendra environ 160 qui sont partis de différents côtés pendant les 2 ou 3 jours suivants. On mange un peu de conserve.

Les obus allemands tombent près d'Attigny. A nouveau ils nous poursuivent. Il est 5 h, l'on bat en retraite vers le sud, on s'arrête dans un champ, on bivouaque, plus éloigné encore vers le sud.

On s'y installe vers 1h1/2 du matin.

Le 31

Réveil à 5 heures. Repartons aussitôt. Continuons notre retraite vers le sud. Vers 9 h du matin, des officiers d'état-major nous indiquent la direction Juniville où nous faisons une grand halte d'environ 5 heures. Dans la maison où on s'installe, il y a une pièce de vin pour toute la compagnie seulement.

On repart pour Bétheniville. On doit cantonner dans le pays mais il est occupé par d'autres régiments, entre autres le 291e.

On traverse tout le pays et on bivouaque à la sortie dans un champ. On nous fait démolir une meule de blé non battu.

Vers minuit le 348e vient bivouaquer à côté de nous et traversant parmi nous, volant notre paille et écrasant les pieds. Quelques-uns se battent.

Le 1er septembre

Départ à 6 heures. Marchons jusque vers la gare de Sillery, arrivons au bivouac dans un champ vers 10h du soir, à l'abri d'un fort d'après le commandant. Il s'agit probablement d'un fort de Reims. [le fort de la Pompelle – cf. JMO du 347e RI]

Nuit très froide. Dormons mal.

Avec l'aimable autorisation de la famille. Merci de ne pas reproduire sans autorisation